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mardi 22 mars 2016

MISSION et DEMISSION

Le Cardinal Barbarin vient de mesurer qu'en raison de ce qu'elle professe depuis 2.000 ans, l'église ne peut se prévaloir d'aucune indulgence.

C'est le gong de la prescription civile qui vient à son secours. 
Et le Cardinal, bien sûr honnête homme, sait au fond de lui même que le mal qui a été fait est irréparable. 
Le pardon étant présenté comme une thérapie salvatrice, nous constatons, en ce moment, que l'oubli n'est pas soluble dans la prière. Ce serait si simple.
Personne ne sait dire, psychiatre émérites inclus, quelles sont et la profondeur et la durée du trauma pour ceux qui subissent.

Le très remarquable film Spotlight, justement oscarisé, nous démontre que l'Eglise n'a pas encore pris conscience que la séparation imposée du corps et de l'esprit est une option qui déforme la réalité humaine.

Concrètement cela veut-dire que la vie charnelle cachée des hommes, et femmes d'église, continuera à miner l'édifice tant que la chair sera considérée comme une sous composante de l'être.
Pédophilie, homosexualité, vie maritale, paternité secrète, prostituées, l'église minimise afin de préserver la doctrine.
Les gens d'Eglise ont peur de l'accouplement des créatures de Dieu.
Etrange.  

Bien entendu, les "fidèles" pétitionnent pour leur Cardinal, et les adversaires sautent sur l'occasion pour en faire des tonnes. Nous sommes là dans la passion française, rien de bien nouveau.

Pourtant une chose plus essentielle échappe encore à tous les perspicaces commentateurs de l'affaire : la primauté masculine absolue dans l'église Catholique, qui est injustifiable et archaïque.

Que cela ait été accepté comme une normalité durant des siècles est déjà surprenant, mais que cette primauté masculine totale ne soit pas même posée sur la table en 2016 est une réelle sidération.

Comment peut-on encore écarter les femmes, une moitié de l'humanité, des choix décisifs dès lors qu'il s'agît du fait religieux.

Cette main mise de l'homme sur la Croyance reste de nature guerrière, affirmation qui va sûrement faire tomber de leurs chaises plusieurs jésuites et dominicains à la fois.
Durant des siècles la force physique a été à la base de toutes les tâches et transformations de la vie quotidienne.
Jusqu'au moment où les techniques et technologies ont ouvert tous les métiers et activités aux femmes comme aux hommes. Co-producteurs du progrès humain incessant. 

Sauf dans le champ religieux, où l'homme est convaincu de la légitimité de sa domination. L'église universelle, mais à moitié.

Qui réalise aujourd'hui, 
- que la juste réponse aux problèmes charnels évoqués plus haut serait véritablement enrichie par les sensibilités féminines.
- qu'une église catholique crispée ne montre pas du tout l'exemple à l'Islam, en faisant perdurer ses propres archaïsmes.

Philippe Barbarin, homme et prêtre, doit s'effacer devant sa position de Cardinal, obligé lui de préserver l'institution à laquelle il a décidé de consacrer sa vie et sa loyauté, pour ramener toutes les brebis dans le bon enclos.

Et à ce moment de sa mission, il n'a que le droit d'être adroit pour  éviter que la cohorte des parfaits ne le contraigne à démissionner.

Et c'est ainsi que les victimes, auxquelles on fait déjà le reproche de  mal se souvenir, seraient vraiment réconfortées s'il était enfin décidé de prendre en considération nos véritables réalités charnelles...

A diffuser sans modération...


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