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mardi 6 janvier 2015

Lepaon, ou les vraies plumes du syndicalisme...article deuxième


Lepaon, du goudron sur les plumes...

Petit retour en arrière.

Quand le monde est devenu industriel, c'est à dire quand la production unitaire de l'artisan a pu être décuplée par l'introduction de la machine, qui fabriquait plus que ses deux mains, de nouveaux rapports au travail sont apparus.

Les industriels ne sont  pas tout d'un coup tombés du ciel. 
Ils ont tous été des artisans, qui ont peu à peu intégré ce que l'investissement machine allait provoquer.  Quantité et baisse des prix.
Et devant ces machines, il leur fallut placer des "ouvriers", qui ne faisaient plus une oeuvre, au sens artisanal, mais des dizaines, puis des centaines, puis.. des millions.
La classe ouvrière sortit alors des champs, de l'incertitude des récoltes et de la pauvreté des trop petits partages successoraux, que l'égalitarisme avait imposés.

Effet quantité et effet prix produisirent une élévation du confort de vie et une réduction des fatigues proprement physiques.
L'économie évolua du muscle vers le capital. Astucieux plutôt que costaud ou agile. Le charbonnier n'eut plus grand chose à porter.

Et quand la réussite dépassa toutes les espérances initiales, se forma alors le capital, le grand, celui que Piketty traque à coups de remontrances. Pan sur le capital, vilain ça !
Les migrations par milliers de la terre vers l'usine, puis par millions, formèrent la classe ouvrière. Issue de la paysannerie.
Acceptant ce qui lui était proposé par l'artisan devenu patron.
Et le grand classique, immuable, du dérapage progressif vers l'abus, si contingent aux rapports humains, se remit en place, alors que les révolutions croyaient l'avoir envoyer ad patres.

L'indutriel provoqua parfois, par légèreté et/ou cupidité, la révolte des mal payés. Il devint évident que la défense collective de leurs intérêts serait pour les ouvriers la manière la plus appropriée pour augmenter la paie journalière.

Le syndicalisme, ou poids du nombre, coule vraiment de source.

100 ans ont passé.

En 2015, le syndicalisme originel n'existe plus. 
A tel point que le principal syndicat va virer son propre boss, parce qu'il a trop manifestement montré son vrai visage : celui de l'appropriation individuelle d'un intérêt collectif.

Ils sont des milliers comme lui, à se servir du syndicalisme, comme d'un instrument de pouvoir personnel. 
A dissimuler ce qu'ils font au quotidien.
Falsification du nombre d'adhérents, opacité totale des comptes, truquage des bilans présentés à la base, fausses factures, élections bidonnées, pressions sur les salariés, pillage des fonds des comités d'entreprise, délégations syndicales à vie, voyages d'études factices, etc...

Souvenons nous comment Marc Blondel, plastronnait cigare au bec, toutes bretelles dehors...
Ou de Jean-Christophe Le Duigou, fonctionnaire des finances, n°2 de la Cgt, promu Conservateur des Hypothèques avec 115.000 euros de traitement par an au moment de sa retraite, à 58 ans.

La Cgt va expulser celui qui profitait trop ouvertement du système, si fier d'être arrivé si haut, pour le remplacer par un homme de paille, qui sera contrôlé par un homme de l'ombre. Le fromage du syndicalisme est tellement bon.

Tout cela résulte d'une situation irréelle. Les rangs du syndicalisme sont composés à 90 % de fonctionnaires, salariés de l'état et des services publics, qui ne courent aucun risque.

Les salariés du privé n'ont quasiment aucune voix au chapitre, et ce sont les privilégiés de la fonction publique qui décident de bloquer toute évolution au nom de l'intérêt général. Suicidaire.
Nicolas Sarkosy, avec les conseils de Soubie, ayant encore un peu plus conforté cette aberration en accueillant Bernard Thibault directement  à l'Elysée pour le tutoyer ouvertement.

Comme nous le disions pour les députés, il est temps de séparer entièrement public et privé. Et de libérer l'intelligence de négociation des salariés du privé, totalement phagocytée par les apparatchiks.

Et c'est ainsi que cette dispositions simple, irréfutable, permettrait à l'état de s'occuper avant tout de ses Paons professionnels...


A diffuser sans modération...


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