Nombre total de pages vues

samedi 20 décembre 2014

Le fond du Problème... article premier.

Oui, le fond est rarement visible, et pourtant...

J'entends dire, surtout en France, que l'homme est directement responsable de l'évolution du climat.
Je peux en déduire qu'il est donc aussi responsable de notre propre situation socio/politique.

A l'origine du chaos français, qui résiste au bon sens le plus élémentaire, se trouve une cause toute simple.
Si simple qu'elle en paraît idiote. Chez nous l'idiotie ne se voit pas.

Notre représentation nationale, ou Assemblée Nationale, ne représente plus du tout la Nation, mais une communauté bien particulière : celle des citoyens qui vivent en dehors du champ du risque. 
Ils sont près des deux tiers à l'assemblée nationale, en intégrant ceux qui omettent volontairement de préciser d'où ils viennent.

Cela a commencé dans les années 60 avec la 5ème république. Et sa constitution franchement orientée vers le bipartisme majoritaire.
En 50 ans, il s'est donc avéré de plus en plus évident que pour emporter la mise, il ne s'agissait plus d'additionner les victoires individuelles de personnalité locales d'envergure, mais de regrouper sous un même étendard une armée de volontaires diffusant un programme commun à tous.

Le programme plutôt que la personnalité. Début du cancer.

Dans ce cas, il faut trouver un maximum de bonnes volontés pour participer à la diffusion du bréviaire. C'est le moment de l'émergence du militant : citoyen, assez facilement convaincu, devenu homme de troupe, car disposant surtout de temps, de beaucoup de temps pour faire le boulot.
Qui se justifie inlassablement et droit dans les yeux : on  ne peut pas "tout de même" se désintéresser de l'avenir du pays. 

Où sont les activités qui permettent de dégager autant de temps, sans prendre le risque de voir son activité professionnelle en pâtir ? Dans l'environnement public bien sûr.

Peu à peu, le militant, s'il ne comprend pas toute la complexité des enjeux - loin de là - s'aperçoit qu'il pourrait peut-être lui aussi entrer dans la danse et concourir. Il devient de plus en plus disponible, avec l'espoir que cela finira par payer.
La fonction d'assistant parlementaire - factotum moderne -  constitue sa première étoile. 

D'autant qu'il ne s'agît pas pour lui de réinventer le discours : tout cela vient du Bureau National.
Il entre alors dans le cercle restreint des candidats plausibles. Jusqu'à l'investiture !
A ce grand jeu de la patience - les députés ont 55 ans en moyenne - les enseignants ont eu sur tous les autres fonctionnaires deux avantages décisifs : la maîtrise de l'écrit et de la rédaction, et une disponibilité directement corrélée aux vacances scolaires.

Cette conquête laborieuse de l'Assemblée Nationale s'accélère avec la victoire de Mitterrand.
Le prof devient Monsieur le Député : différence O combien jouissive.
La miraculeuse mise en disponibilité - assurance tout risque intégrale - permet de se jeter dans l'arène avec l'enthousiasme du chien fou devant l'os à moelle. Pas plus inégalitaire que cette disposition.

En 2015, la tribu des sans risques, qui pèse 20 % de la population, occupe les 2/3 des mandats, des nominations, missions, hautes autorités diverses, comités Théodule, et autres lieux de sécurité paisible, naviguant en dehors du temps concurrentiel.

Le résultat est là : nous sommes le seul grand pays occidental qui triche aussi délibérément avec le réel. Des grecs XXL.

Si donc nous voulons réagir contre la situation actuelle d'appropriation de l'Assemblée par une minorité, et revenir au concept originel de représentation, qui induit logiquement la proportionnalité, les fonctionnaires actifs ou retraités, petits ou hauts, ne devraient pas excéder 20 % des députés.

Il faut rendre à ceux qui vivent la réalité universelle - celle du risque omniprésent - le pouvoir de se diriger, et de ne plus l'être par ceux qui en ont si peur.  Voir Principe de Précaution/Protection.

Changer la constitution pour empêcher cette mainmise abusive, qui explique le chaos actuel, posera une  difficulté technique car les colonisateurs sont encore majoritaires au Parlement.

Avec l'efficacité directe des réseaux modernes, bon sens et ténacité peuvent provoquer des renversements d'opinion. 
Que voila un beau thème de référendum : " Etes vous toujours d'accord avec le principe originel de représentation Nationale, limitant chaque catégorie socio/professionnelle à son poids respectif ? "

Le bénéfice est gigantesque : des centaines de lois, décrets, normes, entravant la performance naturelle des acteurs économiques, n'auraient jamais obtenu de majorité, si les députés étaient en prise directe avec le Réel. La loi sur la pénibilité en étant la grotesque démonstration.

Et c'est ainsi qu'il ne sert à rien de faire de bonnes ordonnances pour soigner le malade, si vous n'arrivez pas à deviner où se trouve cachée la Reine des métastases...


A diffuser sans modération...



Nota : première séquence d'une série sur  "ce qu'il faut faire pour remonter sur le podium "

.