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mercredi 16 octobre 2013

Les tueurs en action

De quoi s'étrangler !

D'un coté le gouvernement se précipite en Bretagne pour brasser du vent et de l'autre la grande distribution se précipite pour faire preuve de solidarité !

C'est à peu de choses près comme si les assassins faisaient partie du jury d'assises.

Commençons par l'état : il  nourrit 100.000 fonctionnaires pour s'occuper de 480.000 exploitations agricoles, et des forêts.
Pléthore d'agents qui vivent des règlements, normes, contrôles et tracasseries qu'ils imposent au monde agricole depuis 40 ans.
26 pages d'instructions pour la bonne interprétation des normes applicables aux poulaillers !

En face d'eux -  assurés d'un emploi définitivement stable et d'une retraite  quasi équivalente à leurs salaires - on trouve des agriculteurs étranglés qui gagnent des misères pour 60 heures de boulot par semaine et par tous les temps.

Ceux dont nous avons cruellement besoin sont tyrannisés et tétanisés par ceux dont nous n'avons pas besoin.

En voulez vous un exemple ? Un exploitant, exemplaire dans son approche de l'agriculture, a cru devenir fou quand l'état s'est immiscé dans la transmission de son exploitation à son propre fils. 18 mois d'acharnement !
Des dizaines de fonctionnaires ne vivent que de ça.
La destruction de valeur est à l'œuvre.

En Allemagne, en Hollande, au Danemark...les exploitants sont infiniment plus entreprenants car ils sont deux fois moins harcelés. 

Alors quand le gouvernement vient "au secours" de la filière, il vient faire semblant de réparer ce qu'il détruit tous les jours dans la réalité. Les tueurs rangent provisoirement les couteaux.

Passons maintenant à la grande distribution.
Elle connaît par cœur le fondement économique de son système.La corde du pendu. Détendue au début :  si je t'achète beaucoup, tu ne seras pas obligé de trouver sans arrêt de nouveaux clients.
En deux ans les pendus se comptent par dizaines, mais l'hameçon fonctionne toujours.
Le grand public ne connaissant rien à ce mécanisme, se précipite dans les rayons, et approuve quand la GD ferme pendant une heure son magasin en signe de solidarité avec le monde agricole.
L'assassin se fait même applaudir !
Perversité ultime, en comparaison de laquelle la dangerosité des fonds de pension sert de formidable paravent.
Savez vous dans quel délai un propriétaire d'hypermarché Leclerc paie l'ISF, depuis son premier jour d'ouverture ?

" Si j'avais su que je gagnerais autant d'argent aussi vite, j'aurais commencé à 25 ans !" dixit un franchisé Intermarché ayant démarré à 48 ans.

Le troisième "tueur" est inconscient : c'est le consommateur.
Il n'a pas compris que pour le faire venir, on lui présente des prix imparables sur tout l'électro-ménager et les babioles inutiles, qu'il achète de temps en temps, mais que sur les produits alimentaires, qu'il achète tous les jours, la GD fait des marges fabuleuses en marchant sur les cadavres de ses fournisseurs.
Il n'a pas réalisé qu'avec son chariot bourré de bonnes affaires, il est entrain de "tuer" le job des voisins et bientôt le sien.
Et vive la foire aux vins !

Et tout le monde d'entonner à l'unisson : ne laissons pas mourir nos emplois sur l'autel de la mondialisation.

Et c'est ainsi que les "braves gens" appellent au secours un état qui propage lui même le virus, pour se précipiter le lendemain même dans un magasin de la GD, sans se douter que c'est elle qui a le petit flacon d'arsenic...

Nota : il y aurait un moyen très simple de combler les déserts marchands que provoque la GD, c'est d'assortir toute autorisation d'ouverture d'une surface de GD, de l'ouverture parallèle d'un magasin de proximité dans les villages qui n'ont plus rien - avec les mêmes prix - ceci réduisant en même temps les trajets coûteux. polluants et inutiles


A diffuser sans modération...


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