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samedi 23 février 2013

Au triple galop

La réactivite vous connaissez ? Méfiez vous, elle est de plus en plus contagieuse.  Ne pas confondre avec réactivité.

Comment ? De la viande de cheval...non ce n'est pas possible !
Mais où va-t-on mon poulet, tu te rends compte...
Bientôt nous aurons des insectes asiatiques dans les lasagnes, c'est odieux.

La réactivite se répand généralement comme une trainée de poudre, et la fièvre - de cheval - qu'elle provoque, trouble tout le champ de vision.

Elle débute au petit matin, généralement dans un studio de radio, qui reprend une information souvent très ordinaire et banale, pour la soumettre au jugement de ses auditeurs. Et vous qu'en pensez vous, appelez nous au 36...

L'auditeur se précipite sur son téléphone dans l'espoir d'exprimer enfin sur une station de grande audience - c'est la formule - un avis passé au crible de son émotion.
La normalité, déesse contemporaine, entre alors en scène : c'est fou ce que les français savent sur ce que les autres devraient faire pour que tout dans la vie soit enfin normal.

Le ministre perché sur le dernier barreau de la grande échelle des inquiétudes imaginaires, bien briefé par son dircom, se précipite dans le studio pour dire que tout est sous contrôle, et fait grimper la fiévre du seul fait de sa précipitation.

Le très strict "normaliste" qu'est Benoît Hamon, suspend l'agrément d'une usine employant 280 salariés, bientôt réduits à demander à son camarade Ministre du redressement productif de nationaliser les plats cuisinés à la viande. Il faudra étiqueter l'incohérence.

La réactivite, fille ainée du principe de précaution, adore les situations d'affolement : tout le monde s'y met pour la propager.
Que personne ne connaisse réellement le dossier n'a guère d'importance, la réactivite pousse sur des sols très riches en a priori.

Que la grande distribution massacre et détruise ses fournisseurs, sachant qu'elle en trouvera toujours d'autres, en fermant les yeux sur les embrouilles que provoque très directement sa voracité, cela naturellement échappe à la clairvoyance de ses propres clients.

Pendant que bon peuple s'emballe, la grande distribution s'affaire en cuisine, pour savoir quels sont les prochains et prometteurs secteurs d'activité où elle pourra poursuivre le jeu de massacre, au nom de l'indice des prix.

Et c'est ainsi que la réactivite attisée par la frénésie de l'audimat, permet aux vrais responsables de ces embrouilles de se défiler par les portes de service, pendant que la "crise" déboule au triple galop...


A diffuser sans modération...


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