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vendredi 14 décembre 2012

Culture et fourneaux

Simultanéité.

Ainsi ouvre le Louvre à Lens, tandis que ferment les fourneaux de Florange. L'un dans la quiétude, les autres dans la rage.

L'activité industrielle est périssable, soumise aux effets de l'évolution de la demande, elle même s'adaptant aux innovations que l'inventivité humaine provoque, sans répit.

Smartphones et tablettes sont dans la frénésie, automobiles et  CD sont dans la peine.

Allez donc demander à l'intelligence humaine de s'arrêter de faire mieux. Autant demander à l'eau de ne plus couler dans le sens de la pente.

L'activité culturelle est intemporelle : elle se nourrit de l'imaginaire présent, pour le figer en passé admirable.
Touche pas à mon monument historique. Il est ancien, c'est bien.  

Chirac a accepté de dépayser le Louvre à Lens. Région meurtrie par l'abandon inévitable du charbon.
Le prestige de la marque "Louvre" va faire beaucoup de bien à la région : la culture a bonne presse en France, et la France bonne presse dans cet univers là.

Derrière la culture, se blottit pourtant notre penchant naturel pour le passé.
Mais voyons, cher ami, les plus beaux musées du monde sont français ! Venez donc admirer ce que la France a été capable de bâtir, de penser, de peindre, d'écrire, de composer.

L'avenir il faut le penser, le passé il faut l'admirer : tout est dit.

Eiffel n'a plus vraiment la cote, et c'est ailleurs que les architectes français vont construire les plus belles tours, effleurées par les vents de l'audace.
A Paris on réfléchit à la manière de ralentir le trafic, à Londres on privatise les lignes de bus.

Et c'est ainsi que la concomitance de ces deux émotions, révèle les penchants profonds d'une nation qui a toujours autant de mal à descendre de son piédestal...

A diffuser sans modération,


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