Est-ce bien raisonnable de parler de ça ?
Surtout après trois mois d'absence de billets sur ce blog - mea culpa -
Parler de météo serait plus convivial : d'ailleurs tout le monde en parle.
Mais peut-on ne pas en parler ?
Ne pas avoir d'avis, jouer la tranquillité, de peur de faire une grosse boulette et s'inscrire dans la case des ''sans opinion" ?
Oui, le mariage de ceux qui ne sont pas hétérosexuels, pose bien une question complexe.
Premier constat : le monde du vivant est organisé autour de deux états : masculin- féminin.
Mais cela ne suffit pas pour englober toute l'humanité. Il y a bien un Mais.
Deuxième constat : du couple, homme femme, naissent des enfants hétéro et homosexuels.
Où se situe cette alchimie qui provoque un aiguillage sexuel ?
Troisième observation : les proportions semblent historiquement constantes. De toute éternité l'homosexualité existe. Seule sa visibilité/acceptation change avec les époques et les cultures.
Ainsi il est fort probable que chaque lignée familiale connaisse au moins un exemple.
Quatrième : les codes sociaux des hétérosexuels, dont le mariage, façonnent naturellement toutes les civilisations.
Cinquième constat : les différences entre les être humains, génèrent automatiquement des comparaisons. Les trop petits, les trop moches, les trop roux, les trop...doivent composer sans cesse avec les critères de l'homme standard ordinaire.
Comment me trouve-t-on ? est une interrogation au centre de toute vie.
L'énumération pourrait être bien plus longue, alors qu'est ce qui importe vraiment ?
Les couples qui n'avaient pas d'enfants ont vu apparaître la fécondation in vitro, qui les a replacés dans le cycle de la normalité : d'une union charnelle naissent naturellement des enfants.
La question devient donc, faut-il que le mariage de personnes du même sexe conduisent de droit à la descendance d'enfants, enfants qui seront pour moitié ''empruntés à un tiers'' ?
La situation des femmes et des hommes serait sur ce plan très inégale. La femme pouvant librement consentir à des relations sexuelles dans le but d'être enceinte. L'homme étant obligé de recourir à une mère porteuse.
Et dans un couple homosexuel marié comment se prendra la décision : pour les femmes, laquelle aura l'enfant ? Pour les hommes, lequel sera le père biologique ?
Les femmes pourront librement choisir d'avoir chacune recours à un même père biologique pour avoir chacune leur enfant, devenus de fait demi-frère ou demi soeur.
Pourquoi l'une des deux abandonnerait, par amour pour l'autre, son désir d'enfant ?
Et s'il s'agît de deux pères biologiques différents, ces enfants n'ayant rien en commun pourront-ils se marier entre eux plus tard ?
Au regard des nouveaux textes ils seraient civilement frères et soeurs.
La complexité est totale.
La question est à ce point importante qu'il me semble qu'elle n'est même pas du ressort des députés, ni même d'un réferedum.
Un conseil de penseurs, de chercheurs, de philosophes, de scientifiques, de médecins, de sociologues, pourrait plancher sur les conséquences muti dimensionnelles de cette question.
Et c'est ainsi qu'il faut savoir attendre ce que diront dans quelques années, les enfants qui, nés et élevés dans ces situations particulières, décriront ce qu'ils ont ressenti. Car aujourd'hui personne n'en sait rien.
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