The Artist est un film audacieux et charmant.
Il raconte une transition technologique et psychologique des années 20, riche de symboles pour nos 20 prochaines années.
En premier lieu, le muet pour être intelligible impose le langage des signes et des mimiques : chaque spectateur décode tout ce qu'il voit à l'image avec son logiciel affectif.
C'est toujours la même chose aujourd'hui, et cela explique les divergences de perception : " tu l'as trouvé comment toi ? "
En deuxième lieu, le parlant est venu compliqué singulièrement la situation : notre appréciation doit se porter sur le couple image+ parole.
Ceux que nous considérons comme de grands acteurs ont ce don de cohérence et d'harmonie entre situation, texte, et expression.
Le muet demeure encore " the artist" en 2012, au sens où nous détectons de mieux en mieux et de plus en plus vite ce qui cloche entre l'image et la parole. L'image prime sur le mot, car elle révèle bien plus de choses imperceptibles : elle touche profond.
Le récit descriptif d'un tsunami, avec ou sans trémolos, ne peut provoquer autant d'émotions qu'une image muette.
Brigitte Bardot = une photo = un milliard de désirs.
Alors comment se gagne une campagne politique, sur le muet ou le parlant ?
Pour certains de nos candidats 2012, le visible, le muet, parle si fort qu'il faudrait fermer les yeux pour que le parlant soit entendu.
Et c'est ainsi qu'une grande part de la lassitude des citoyens français à l'égard du politique porte sur la distorsion muet/parlant, entretenue par des état-majors qui font dire à leurs champions le contraire de ce que les élécteurs déduisent de leurs regards...
A diffuser sans modération...
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