La communication non verbale en dit beaucoup.
Il faut l'écouter avec les yeux.
C'est ce que j'ai tenté de faire un Dimanche de Janvier 2012.
Comme je n'étais pas emballé par le texte de la pièce proposée ce soir là - je le connais presque par coeur - j'ai observé la mise en scène.
La dimension de la scène était calibrée super size.
La sobriété ne colle pas avec les monologues.
Une double estrade servait à simuler la mise en chaire.
Le credo descendrait de plus haut, et serait donc plus vrai.
Un arrière plan majestueux alternait piliers et drapeaux, symboliques de la stabilité des institutions et de l'élan patriotique, ce qui aura échappé à ceux qui étaient hypnotisés.
Une petite tribune, reléguée en touche, signifiait par son silence consenti que l'instant était grave.
Quatre acteurs de la grande fratrie médiatique avaient réussi la sélection, mélange subtil de notoriété avenante et de compétence respectueuse.
Ils peuvent se dire bien notés, eux.
Il eut été inconvenant de laisser le spontané la bride sur le cou.
Le naturel de la réponse est si difficile à peaufiner, qu'il vaut mieux oublier Feydeau .
Tout le monde connaît son texte, y compris les caméras.
Dans les petites lucarnes, le spectateur s'oblige à attendre l'évènement ; qui ne viendra pas ce soir.
La réalité voulait jouer dans la pièce, comme en Europe où cette pièce est aussi programmée tous les jours : la surprise eut été qu'en France on la laissât entrer.
Et c'est ainsi que notre vision théatrale du geste politique, révèle à quel point nous tenons à distance la réalité, alors même que nous feignons de ne pas comprendre pourquoi tant d'autres s'en accomodent...
A diffuser sans modération...
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