Do ré mi fa sol la si do... n'en peuvent plus.
Mi se ré ré !
30 ans après une initiative de bon ton, les touches sont rapées, l'harmonie est aux soins intensifs, les gammes sont dans les cordes.
Quelle bonne idée que les fenètres à double vitrage !
Avant que la musique ne serve de tambour battant à Jack Lang, l'oreille était enchantée par la sonorité, le timbre, la dextérité, la vivacité, la créativité, l'amplitude, le silence, la surprise, le ravissement, les reprises, l'enthousiasme, la fraîcheur, les solos, la fugue, les bis, le folklore, la fanfare, les haricots rouges, la guitare espagnole, le blues afro-américain, le kiosque, la poésie, le baroque, bref par tout ce qui était... composé, réellement composé.
Do ré mi fa sol la si do... parlaient toutes les langues.
Aujourd'hui... la vue d'une scène et d'un ampli provoque des vocations par milliers.
Des millions de notes sont mutilées par des apprentis, guitares au cou, cris à la gorge, s'évertuant à produire de l'ambiance en submergeant de sons et de rayons laser des foules aux bras levés.
Tout le monde va au concert du siècle, qui a lieu toutes les semaines.
Et l'ennui dans tout ça ? Soigneusement enfoui dans la poche, pour ne pas déranger la communion universelle.
Et c'est ainsi que Jack Lang pourrait se pousser du col une nouvelle fois en lançant la Fête du Bruit, et laisser la musique tranquille...
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