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lundi 7 mars 2011

Ne vous indignez pas !

Le grand âge croît-on préserve de la sottise.
Stéphane Hessel, vieux diplomate que je ne connaissais pas, vient de démontrer qu'au nom de la mémoire on peut semer de l'indignation sur notre monde pour faire lever du bien. Triste sottise.

Je ne partage pas une ligne de son analyse. Je la trouve même primaire et dangereuse. Qu'il garde une immense nostalgie de la période de la résistance est tout à fait honorable, mais qu'il regarde le monde de 2011 avec les lunettes de Sartre et prêche encore pour des révoltes miraculeuses, me fait dire que l'essentiel lui échappe.

Certes, avoir passé sa vie dans les cénacles internationaux pour élaborer les déclarations universelles destinées à protéger l'homme de la tentation totalitaire est parfaitement estimable, mais cela ne donne pas autorité pour ressasser les éternels poncifs sur la brutalité du monde contemporain.

A le lire attentivement, M. Hessel pousse tous ses lecteurs à revendiquer encore et toujours plus, à se détourner clairement du monde économique, pour aller chercher dans l'indignation perpétuelle les raisons d'une vie estimable enfin débarrassée de ces contigences matérielles villipendées.

Il y ajoute une erreur stratégique tragique ; chaque fois qu'un juif, y compris de gauche, s'en prend aux Israéliens, quelque soit l'angle d'attaque, il affaiblit et Israël et l'Occident.
Comment peut-on imaginer que ne plus défendre Israël pour sanctionner sa brutalité nous préserverait de l'emprise de l'Islam, cette fois affichée au grand jour ? Et de son objectif final : nous faire imploser.

L'indignation comme rempart de l'infiltration ? Enfantillage.

Et c'est ainsi que M. Hessel apporte une nouvelle pierre à l'obsession de l'intelligentsia française, brasser des idées stériles, pendant que d'autres nations, loin de l'universalité prétentieuse, se colletinent avec le réel...

Et si vous voulez vraiment vous indigner, faîtes le sur notre terrifiante dette que nos jérémiades creusent sans fin !

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