Plusieurs aspects de la diatribe, au centre de laquelle se trouve l'église catholique, me chiffonnent. Du coté de l'attaque comme du coté de la défense.
Dans le camp de l'attaque, je sais que Libération et tous ses alliés, les penseurs justiciers, se tiennent sans arrêt à l'affût, car leur raison de vivre est de tencer celui de l'autre camp à longueur de colonnes. Et c'est une jouissance quotidienne que d'écrire pour tous les libertaires de l'hexagone le bréviaire de la bien pensance moderne. Tous les semestres les cathos sont de bons clients : et Benoît XVI étant moins "habile" que Jean Paul II, on pousse les amalgames le plus loin possible, avec ce qu'il faut de subtilité pour diminuer la grosseur de la ficelle.
Les libertaires nous ont tellement bien appris que leur seule passion est d'avoir raison, et d'avoir qui plus est raison de ne croire en rien, que nous n'allons pas dramatiser leur énième charge.
Du coté de la défense, les pétitions qui circulent volent au secours d'une institution perturbée par les mauvaises bulles qui remontent à la surface alors que tout avait été tenté pour qu'elles restent au fond. Ce faisant ces pétitions implorent toutes la modération dans la condamnation. Ce qui est tout bonnement une erreur, déjà produite.
C'est parce que les échelons hiérarchiques avaient tellement bien perçu l'horrible difficulté d'expliquer pourquoi des hommes ordonnés prêtres, et donc investis d'exemplarité presque sacrée, étaient cependant restés des hommes comme les autres, faillibles y compris devant la beauté d'Eve, qu'ils ont choisi la "modération" comme réponse.
Aucun des évêques confrontés à ces angoissantes décisions ne se sentait capable d'aller vers le Pape pour lui dire son désarroi devant les turpitudes de l'homme, même d'Eglise.
La simplicité de la question centrale est vraiment traumatisante pour l'Eglise : le célibat est-il d'une absolue nécessité pour transmettre le message apostolique ?
Si vous l'avez exigé pendant des siècles, vous êtes tétanisé par l'idée que ce pourrait ne pas l'être. Car cela voudrait dire à terme que le Pape pourrait un jour avoir une épouse. Et des enfants. Fin du monde.
Une des épreuves les plus répulsives que l'homme ait à affronter c'est d'accepter qu'une autre réalité puisse être possible sans qu'il ne se considère pour autant comme un renégat.
Et c'est ainsi que même l'église est en face du vertige de la sincérité...
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